Un sujet incomplet dédié à un de mes groupes de l'année, coup de cœur involontaire découvert de façon un peu ridicule (mais on va quand même l'assumer... y avait Them Bones dans Guitar Hero II, j'ai trouvé ça énorme et j'ai voulu écouter l'originale, qui m'a encore plus laissé sur le cul, du coup je me suis intéressé au groupe), groupe souvent cité lorsque l'on parle de Nirvana et de l'univers rock/grunge/metal du début des 90s, au même titre que Soundgarden ou Pearl Jam, entre autres...
La ressemblance avec Nirvana est souvent mise en avant, il faut dire que les points communs sont nombreux: le groupe est formé en 1987 à Seattle, propose un premier album correct mais pas trop médiatisé, et explose deux ans après, en 1992, avec son disque chef-d'œuvre. Le groupe participe également au rituel acoustique de MTV quelques années plus tard... le destin tragique de son chanteur Layne Staley, décédé un... 5 avril (!!) ne fait que renforcer ces étonnantes ressemblances. La comparaison s'arrête là, Staley ayant disparu dans l'abandon le plus total, et le groupe ayant poursuivi sa carrière sous la « direction » du guitariste Jerry Cantrell, nouveau vrai leader du groupe.
1990: Facelift, premier disque du groupe, est plutôt bien foutu, avec une bonne entrée en matière (le single « We Die Young », suivi de l'énorme « Man in the Box » claquent vraiment bien). À mon goût, c'est bien mais pas transcendant, il manque une perle et on y arrive vers le milieu de l'album avec « Love, Hate, Love », piste lente et sombre, antithèse globale de ce que propose le disque. Grâce (entre autres) au succès surprise de « Man in the Box » et de son contrat avec Columbia, le premier volume d'AiC est consacré disque d'or.
Deux ans après, en pleine explosion du mouvement grunge (grâce au carton mondial de Nevermind de Nirvana), AiC propose un nouveau disque, Dirt, plus glauque, plus fouillé, très fort émotionnellement, qui va néanmoins assombrir l'horizon de son chanteur, qui décrit pratiquement tout au long des 13 pistes l'enfer de son addiction à l'héroïne, qui finira par le consumer lentement. S'ouvrant sur la bombe « Them Bones », aux riffs ravageurs (qui ne sont pas sans rappeler ceux de Nirvana, justement...) qui couvrent la voix caverneuse d'un Staley qui nous ferait presque penser à Ozzy Osbourne aux débuts de Black Sabbath... un chant d'outre-tombe, bien mis en relief par des vers terribles comme « I believe them bones are me, some say we're born into the grave » ou l'illustration de la splendide pochette: « I lie dead under red sky ».
Outre cette intro phénoménale, l'album est équilibré à la perfection, parsemé de petits joyaux comme « Junkhead » (titre terriblement explicite, tout comme ses paroles, qui feraient passer In Utero de Nirvana pour un disque joyeux!), « Down in a Hole », poétique mais là encore triste à mourir, ou encore « Rain When I Die ». En guise de conclusion, Dirt se renferme sur le sinistre « Would? », introduit par une ligne de basse géniale de Mike Starr (qui sera remplacé peu après par Mike Inez), encore une piste superbe, poignante, portée par le timbre de voix si spécial de cet ange des ténèbres en lequel semble s'être transformé Staley.
Bon, là je vais devoir écourter un peu ma présentation, puisque je ne pourrai présenter ni Jar of Flies (1994) et le long album éponyme (1995) à la célèbre pochette, que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter mais que je compte bien entendu me procurer dès que possible...
Passons donc à l'unplugged (1996), qu'AiC enregistre dans les studios de MTV, là où sont passés avant eux Nirvana bien sûr, mais aussi Eric Clapton, R.E.M., Bon Jovi ou Kiss. Bien qu'en assez mauvaise santé (cette dernière se détériorant de plus en plus...), Layne Staley assure magnifiquement bien, et le groupe offre un récital d'anthologie lors des interprétations de « Would? » et « Down in a Hole », dans une ambiance feutrée et intimiste, avec un décor qui rappellera là encore le concert acoustique de Nirvana, passé dans ces studios deux ans et demi plus tôt. L'interprétation de « Sludge Factory », tirée de l'album éponyme, m'a fait ressentir pas mal de frissons aussi...
Voilà, bon évidemment, je suis très loin d'être un spécialiste du groupe, mais je suis très content de les avoir découverts et de continuer à approfondir, d'ailleurs j'apprécierais quelques recommandations et remarques sur la partie de la discographie d'AiC qui m'est encore inconnue, tant qu'à faire.
Un grand merci à XXZ pour m'avoir (plus que) recommandé l'unplugged, je ne suis vraiment pas déçu!
